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Navigabilité · Réglementation

18 Juillet 2026

CAMO ou MRO ? Rôles, différences et obligations réglementaires Deux organismes complémentaires, deux responsabilités distinctes. Voici comment CAMO et MRO s'articulent dans le cadre EASA — et ce que cela implique concrètement pour la gestion de votre flotte.

Dans l'aviation, la sécurité repose sur une chaîne de responsabilités clairement séparée. Au cœur de cette chaîne, deux acronymes reviennent sans cesse : CAMO et MRO. On les confond souvent, alors qu'ils désignent deux métiers différents — l'un gère la navigabilité « sur le papier » et dans la durée, l'autre exécute physiquement la maintenance. Comprendre cette distinction est la première étape pour organiser efficacement le suivi d'un aéronef.

 

 

CAMO : gérer le maintien de la navigabilité

Un CAMO (Continuing Airworthiness Management Organisation, en français : organisme de gestion du maintien de la navigabilité) est responsable de la navigabilité continue d'un aéronef, sans réaliser lui-même les opérations de maintenance physiques. C'est le « chef d'orchestre » technique et documentaire.

Ses missions principales

  • Élaborer et tenir à jour le programme d'entretien de chaque aéronef ;
  • Analyser l'applicabilité des consignes de navigabilité (CN / AD) et des bulletins de service (BS / SB) ;
  • Superviser les dossiers techniques et l'historique complet des heures et cycles ;
  • Planifier les échéances de maintenance et coordonner l'envoi de l'appareil vers l'atelier ;
  • Assurer, le cas échéant, la délivrance de l'ARC (Airworthiness Review Certificate, l'examen de navigabilité).

Le cadre réglementaire européen applicable est l'EASA Part-M, désormais complété par la Part-CAO (Combined Airworthiness Organisation) qui permet, pour les organismes concernés, de réunir gestion de navigabilité et maintenance légère sous un agrément unique.

MRO / Part-145 : exécuter la maintenance

Un MRO (Maintenance, Repair & Overhaul) — aussi appelé OMA, organisme de maintenance agréé — est certifié pour réaliser physiquement l'entretien, les réparations et les modifications sur les aéronefs et leurs composants. C'est l'atelier qui « met les mains dans le moteur ».

Ses activités typiques

  • Inspections programmées (visites de type A-Check, C-Check…) ;
  • Maintenance corrective et traitement des pannes ;
  • Réparations structurelles et modifications ;
  • Contrôles non destructifs et essais ;
  • Délivrance de l'APRS (approbation pour remise en service) à l'issue des travaux.

Le cadre applicable est l'EASA Part-145 (équivalent du FAR Part 145 côté FAA).

 

CAMO vs MRO : le tableau comparatif

Critère CAMO MRO (Part-145)
Rôle Gérer la navigabilité continue Exécuter la maintenance
Cadre EASA Part-M / Part-CAO Part-145
Nature du travail Planification, analyse, documentation Intervention physique sur l'appareil
Document clé délivré ARC (examen de navigabilité) APRS (remise en service)
Analogie Le médecin traitant qui suit le dossier Le chirurgien qui opère

Peut-on être les deux ?

Oui. De nombreuses structures cumulent les agréments — un même opérateur peut disposer d'un CAMO et d'un atelier Part-145, ou opter pour un agrément Part-CAO combiné. Dans tous les cas, la séparation des responsabilités doit rester traçable : le suivi de navigabilité et l'exécution de la maintenance restent deux fonctions distinctes, même sous le même toit.

Pourquoi cette distinction change tout côté logiciel

Parce que les deux métiers manipulent des données différentes mais interdépendantes. Le CAMO raisonne en programmes d'entretien, potentiels, échéances et statut réglementaire ; le MRO raisonne en ordres de travail, ressources atelier, pièces et temps d'immobilisation. Si ces deux univers vivent dans des fichiers séparés, l'information se perd à chaque échange — et c'est là que naissent les erreurs et les retards.

Une solution qui interconnecte navigabilité, maintenance et documentation supprime ces ruptures : le bon de lancement des travaux généré côté CAMO alimente directement l'atelier, les potentiels se recalculent à la clôture de visite, et la documentation technique reste rattachée à l'appareil tout au long de sa vie. C'est précisément la logique de la suite TracingFlight, avec TracingNav (CAMO), TracingLine (MRO) et TracingDocs (GED) conçus pour communiquer nativement.

 

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Questions fréquentes

Quelle est la différence principale entre CAMO et MRO ?

Le CAMO gère la navigabilité continue d'un aéronef (planification, analyse des consignes, documentation) sans réaliser la maintenance ; le MRO exécute physiquement l'entretien et les réparations. Le premier relève de l'EASA Part-M/Part-CAO, le second de la Part-145.

Qu'est-ce que la Part-CAO ?

La Part-CAO (Combined Airworthiness Organisation) est un cadre EASA permettant à un organisme de réunir, sous un agrément unique, la gestion du maintien de la navigabilité et certaines activités de maintenance, afin de simplifier la structure pour l'aviation générale et les flottes légères.

Un même organisme peut-il être à la fois CAMO et MRO ?

Oui. Une organisation peut détenir simultanément un agrément CAMO et un agrément Part-145, ou choisir la Part-CAO combinée. La traçabilité entre gestion de navigabilité et exécution de la maintenance doit toutefois rester assurée.

Quel document délivre un CAMO et lequel délivre un MRO ?

Le CAMO délivre l'ARC (Airworthiness Review Certificate, examen de navigabilité). Le MRO délivre l'APRS (approbation pour remise en service) après exécution des travaux.